BNS : pertes maquillées, dépendance à l’euro et au dollar. L’or évite le pire, mais la souveraineté monétaire suisse vacille. Réveil urgent. 🇨🇭

🇨🇭 BNS : quand la communication masque une fuite en avant monétaire

– 8,2 milliards sur les devises. +7,8 milliards sur l’or. –0,5 milliard au final. Derrière ces chiffres en apparence techniques se cache une réalité éminemment politique : une banque centrale qui tente de travestir une érosion structurelle en simple fluctuation conjoncturelle.

Une rhétorique pour banaliser l’anormal

Dans son communiquĂ©, la Banque nationale suisse (BNS) martèle que ses rĂ©sultats « dĂ©pendent des marchĂ©s » et que « de fortes fluctuations sont la règle ». Cette sĂ©mantique vise Ă  diluer la responsabilitĂ© de l’institution dans une abstraction : le “MarchĂ©”. Comme si ces pertes relevaient d’un phĂ©nomène mĂ©tĂ©orologique, hors de tout contrĂ´le humain.

Or, il ne s’agit pas de mĂ©tĂ©o, mais de stratĂ©gie. Ferdinand Lips, banquier privĂ© et expert de l’or, nous avait pourtant prĂ©venus dans son ouvrage Gold Wars :

« Les banques centrales ont cessĂ© d’ĂŞtre les gardiennes de la stabilitĂ© monĂ©taire pour devenir les otages des marchĂ©s de capitaux mondiaux. »

Le cœur du problème : la métamorphose en fonds spéculatif

Depuis des annĂ©es, la BNS accumule des positions colossales en devises Ă©trangères sous prĂ©texte de stabiliser le franc. Ce que l’on nous prĂ©sente comme une gestion prudente est en rĂ©alitĂ© la transformation du bilan de notre banque centrale en un fonds spĂ©culatif gĂ©ant.

Cette stratégie engendre :

  • Une dĂ©pendance servile aux dĂ©cisions de la BCE et de la Fed.
  • Une dilution de notre souverainetĂ© : la Suisse n’est plus maĂ®tresse de sa monnaie, elle est tractĂ©e par les dettes de ses voisins.

L’or : le dernier rempart de la réalité

Sans la revalorisation de l’or (+7,8 milliards), la perte aurait été abyssale. Ce point est le grand non-dit de la communication officielle. Il révèle une vérité cinglante : ce qui est tangible (l’or) compense ce qui est artificiel (les devises). Lips soulignait déjà cette schizophrénie des institutions monétaires :

« L’or n’est pas seulement un mĂ©tal ; c’est la seule monnaie qui ne soit pas la dette de quelqu’un d’autre. En s’en Ă©loignant, on s’enchaĂ®ne Ă  l’instabilitĂ© permanente. »

La spirale de la dépendance

Le modèle actuel est une fuite en avant. Pour affaiblir le franc et soutenir les exportations, la BNS injecte des liquidités et achète des devises dont personne ne veut.

  1. Intervention pour déprécier le franc.
  2. Accumulation de papier-monnaie étranger.
  3. Exposition massive aux crises extérieures.
  4. Communication pour anesthésier la vigilance citoyenne.

Ce n’est plus une politique monĂ©taire ; c’est une toxicomanie au dollar et Ă  l’euro.

Conclusion : La vérité derrière les chiffres

Ce demi-milliard de perte n’est pas un accident de parcours, c’est un symptĂ´me. Celui d’un système qui sacrifie la qualitĂ© intrinsèque de notre monnaie sur l’autel de la gestion de crise permanente.

La BNS installe une forme de rĂ©signation collective en faisant passer l’anomalie pour la norme. Mais attention : si l’or a sauvĂ© les apparences ce trimestre, il ne pourra pas indĂ©finiment masquer les fissures d’un Ă©difice bâti sur le sable des monnaies fiduciaires. Tant que la rĂ©alitĂ© ne sera pas nommĂ©e — une fuite en avant monĂ©taire — les pertes continueront de miner le patrimoine des Suisses.

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